14 avril 2017

Silence.....on lit !

Une initiative dont on a beaucoup parlé dans les medias, comme d'une initiative novatrice et originale, a attiré mon attention pour la simple et bonne raison qu'il s'agit d'un petit village de Haute-Provence que je connais bien, Banon.


Déjà célèbre pour son magnifique village fortifié, ses champs de lavande, ses fromages de chèvre roulés dans des feuilles de chataignier, sa librairie, Le Bleuet, figurant parmi les 5 ou 6 plus grandes librairies indépendantes de France, Banon s'illustre cette fois par une initiative mise en œuvre au collège, ce qui ne figurera pas dans la liste des "curiosités à voir absolument" promues par l'Office de Tourisme. C'est pourquoi il faut en parler ici car il ne s'agit pas d'une simple curiosité anecdotique, mais d'une expérience dont les bienfaits dépassent largement le cadre scolaire.

De quoi s'agit-il ?
Il s'agit d'une démarche engagée par la principale du collège de Banon, avec l'aide de l'association "Silence, on lit" qui promeut la lecture dans les établissements scolaires.
Tous les jours, après déjeuner, tel un rituel,  le collège est plongé dans un silence total pendant 15 minutes, pendant lesquelles tous les élèves et tout le personnel sans exception se plongent dans un livre de leur choix, tout étant autorisé, hormis les livres de classe et les journaux.
"Un moment de cohésion dans le silence", note un professeur d'anglais, "je lisais pas, maintenant je lis de temps en temps", confie un élève. Quinze minutes plus tard, les livres se referment et la vie du collège reprend.

15 minutes de lecture par jour....c'est 1h15 de lecture par semaine, 5 heures de lecture par mois au minimum, presque 50 heures dans l'année...autant d'heures gagnées  sur la télé, les smartphones, les tablettes et les ordinateurs...

la video      

Une idée qui vient de loin
Vous pensez certainement qu'il s'agit d'une initiative de l'Eduction Nationale, d'une directive adressée à tous les collèges de France ? Ce serait une bonne nouvelle, mais malheureusement, il n'en est rien !
L'idée, qui fait son chemin, en revient à l'association "Silence, on lit", initiatrice du projet, qui le diffuse et accompagne les établissements scolaires qui désirent y adhérer. Ils sont de plus en  plus nombreux  à manifester leur intérêt auprès de l'association.
Cette idée a germé à partir d'une expérience de 15 ans découverte...en Turquie, au lycée  francophone Tevfik Fikret d' Ankara, par l'un des fondateurs de l'association, le cinéaste Olivier Delahaye venu présenter à Ankara son film "Soleils" (qui sort bientôt en France).
Au bout de quinze ans, cette "pratique" a révolutionné,  non seulement le rapport à la lecture, mais également le rapport aux enseignants et entre les élèves. Voir le très intéressant article publié sur Slate.fr en juin 2016 

Une idée qui n'est pas réservée aux collégiens...
Je vous laisse découvrir le site de l'association, sur lequel on lit que ce concept n'est pas réservé aux établissements scolaires, mais également aux entreprises, et que les bienfaits de la lecture ne se limitent pas au cadre de l'apprentissage.
Allons plus loin...pourquoi pas aux grandes associations ? aux centres aérés ? aux maisons de retraite ? aux centres sociaux, associations et bénévoles qui diffusent accompagnement à la scolarité, apprentissage du français ou autres, etc..,  

Une réflexion sur le monde associatif et le bénévolat
Une lettre adressée au ministère de la culture par Olivier Delahaye, restée sans réponse - rien d'étonnant, pourquoi prendre exemple sur ce qui se fait ailleurs et qui réussit ! - celui-ci s'est adressé à l'Académie Française où il a rencontré un vif succès, notamment auprès d'Erik Orsenna et Daniele Sallenave. C'est à partir de là qu'est née l'association et que des contacts ont été pris avec des proviseurs de lycées.

La réflexion qui m'est venue est celle-ci :
Pourquoi fait-on grand cas d'une initiative (rapportée par de nombreux médias) qui devrait figurer parmi les consignes incontournables du ministère de l'Education Nationale, au vu du constat récurrent de la désaffection des enfants et ados pour la lecture et de l'importance de l'illétrisme en France (7% de la population âgée de 18 à 65 ans ayant été scolarisée en France, soit 2.500.000 personnes en métropole) ? Dans un autre domaine cela me rappelle les paroles, sans doute un peu provocatrices, lancées par Michel Onfray, après les premiers attentats terroristes à Paris. Il s'élevait contre le fait qu'à l'école, on délaissait l'apprentissage de la citoyenneté et des valeurs républicaines au profit de l'apprentissage du tri sélectif ! Ceci était une boutade, bien sûr, mais qui soulignait les choix opérés par les pédagogues de tout poil du ministère de l'Education Nationale, au détriment des "savoirs de base" réclamés par la grande majorité de la population....et des candidats aux élections !

Fort heureusement,  le monde associatif est là, qui répare, pallie, prend des initiatives, dénonce, intervient aux côtés des pouvoirs publics ou de manière autonome et apporte chaque jour la confirmation de l'importance grandissante des actions de la société civile qui "prend les choses en main".

En allant plus loin, les associations ne sont résolument plus les œuvres de bienfaisance telles qu'elles apparaissaient, pour certaines, il n'y a pas si longtemps. Elles deviennent de plus en plus un moyen d'expression démocratique dans la mesure où elles apportent une "connaissance du terrain" dont se targuent à tort la plupart de nos politiques !
En jouant ce rôle d'intermédiaire dans le jeu et l'expression démocratiques, les associations deviennent des acteurs incontournables de notre société en intervenant dans les secteurs délaissés

.....et pour qu'une association grandisse et prospère, il lui faut de plus en plus de bénévoles !

09 mars 2017

Trouvez Lulu !

Rien ne va plus !
Vous êtes en conflit ouvert avec une armoire soit disant facile à monter, votre maison a besoin d'un grand coup de ménage, vous êtes découragé(e) devant le fastidieux nettoyage des vitres, mais il faut faire quelque chose car elles sont tellement sales que le temps paraît éternellement gris, personne pour aller chercher Jules à l'école le mardi soir, Mathilde a besoin d'un petit coup de pouce en maths, votre ordinateur montre des signes de faiblesse, vous avez envie de faire la grasse matinée et d'éviter l'incontournable corvée des courses du samedi matin, le chauffe-eau "fait tout sauter" dès qu'on le met en marche, l'évier fuit, vous devez déménager un canapé sans ascenseur, les tringles à rideau du salon sont achetées depuis près de trois mois mais elles ne sont toujours pas fixées, votre voisin est un vieux monsieur qui croule sous les paperasses à remplir pour obtenir une aide à domicile, vous avez une robe que vous adorez qui aurait besoin d'un petit coup de jeunesse .....et bien d'autres choses du quotidien qui vous font rêver d’une fée (ou d’un lutin) qui viendrait à votre secours…

Pas de panique, Lulu est là...
"Lulu dans ma rue" est une "conciergerie" de quartier dont l'idée revient à Charles-Edouard Vincent, polytechnicien, ingénieur des Ponts et Chaussées et diplômé de Stanford,  qui a décidé de se consacrer à des projets relevant de l'économie sociale et solidaire.
C'est lui qui, avec l'appui de Martin Hirsch, alors directeur général d'Emmaüs, a créé "Emmaüs Défi", une association qui tente de redonner espoir aux sans abris en leur proposant une réinsertion par le travail. Nous lui avions consacré quelques lignes dans un article sur le prix Reporters d'Espoirs. Egalement un article de Youphil qui retrace son parcours.

"Lulu dans ma rue" existe depuis 2015 et a pour vocation de générer de l’activité économique à l’échelle locale, tout en redynamisant le lien social dans le quartier. « Lulu dans ma rue », ce sont des kiosques auprès desquels on trouve tous les services dont on peut avoir besoin dans la vie quotidienne, allant du bricolage au soutien scolaire, en passant par le dépannage informatique, les livraisons, la fourniture de "gros bras", etc...tout un panel de services assurés par des "lulus", au prix de 5 à 20 euros par demi-heure

Aujourd'hui il existe deux kiosques dans Paris. Un à Saint-Paul, le second dans le 17è arrondissement. Grâce à une convention signée avec la Ville de Paris, d'autres sont prévus dans le courant de l'année 2017 (dans les 14ème, 15ème, 18ème et 20ème arrondissements)
Voulant en savoir plus, je me suis rendue au kiosque de Saint-Paul, après avoir
pris rendez-vous avec Alexandra qui m'accueille, ainsi que Marianne, super concierge affectée ce jour là à la tenue du kiosque.

Une cafetière est à la disposition des passants ainsi qu'une table et deux chaises pour se reposer un peu,  et un "bac à livres" où l'on peut se servir et/ou déposer un livre qu'on a lu et que l'on veut partager. Le kiosque est aussi un lieu de rencontre, un lieu de ralliement des lulus, de centralisation des demandes.
Un mot sur Alexandra : elle est étudiante à Paris Dauphine et a décidé de prendre une année de césure entre sa première et sa deuxième année de master Marketing afin de s'immerger dans le monde de l'économie sociale et solidaire, domaine qu'elle a résolument choisi comme cadre professionnel.

Des demandes parfois insolites
Si les prestations de bricolage, ménage, repassage, couture, port de charges lourdes, soutien scolaire, garde d'enfants et dépannages informatiques forment le noyau dur, on trouve tout un tas de "services" aussi inattendus qu'utiles pour les demandeurs : Une maman enceinte, très fatiguée, a fait venir un Lulu pour qu'il monte une construction en lego avec son enfants, une vieille dame cherchait un joueur de cartes, une dame avait repéré une paire de chaussures à sa taille la veille des soldes mais ne pouvait pas se déplacer…

"On peut demander quasiment tout ce que l'on veut, la seule limite étant l'imagination de nos clients", précise Alexandra. C'est tout dire !


On fait comment ?
Il suffit de faire la demande auprès du concierge de quartier dans le kiosque, sur le site ou par téléphone. On crée un compte client et on paie directement la prestation auprès du Lulu qui la fournit. Une facture est ensuite adressée au client.

Un grand nombre de prestations bénéficient d'une déduction fiscale au titre des services à la personne.

Il faut enfin préciser que des kiosques à journaux répartis dans le quartier, constituent des "points relais Lulu" qui peuvent enregistrer des demandes d’intervention.

Des Lulus compétents et dignes de confiance
Ne devient pas "Lulu" qui veut ! Il faut présenter un réel talent, une compétence confirmée dans un domaine donné. Des rencontres sont organisées chaque semaine par des membres de l'équipe avec les candidats "Lulus" afin de leur présenter l'organisation et le fonctionnement...5 à 10% de ceux qui contactent sont retenus chaque semaine.
Un entretien individuel permet ensuite d'affiner les candidatures (conditions d'intervention, disponibilités…), et de tester la motivation. Qualités humaines et compétence sont les deux exigences incontournables fixées par l'équipe.
Un coaching est prévu pour chaque Lulu qui débute (accompagnement dans les premières interventions, formation à la relation clientèle, formations techniques...). Les plus anciens forment les nouveaux et une chargée d'insertion professionnelle est à la disposition des Lulus qui souhaitent de l'aide pour la construction de leur parcours pour la suite.
Chaque Lulu est micro-entrepreneur. La structure s'occupe de toutes les démarches et assure le suivi de l'activité (en émettant les factures notamment) ainsi que les déclarations obligatoires. Un contrôle qualité est exercé après chaque intervention. Les Lulus sont motivés à 100%, déclarés, assurés et formés.

Et si aucun Lulu n'est en mesure de fournir une prestation (opération trop lourde, compétence inexistante ou insuffisante...) ? Pas de problème. Lulu a une solution au sein d'un réseau d'artisans du quartier avec lesquels les Lulus travaillent main dans la main. C'est notamment le cas des interventions de serrurerie dans le quartier Saint Paul.

Qui sont-ils ?
150 Lulus interviennent depuis janvier 2017 dans tout Paris, avec une forte activité dans le centre. Leur nombre s’accroît régulièrement
On trouve parmi eux des retraités désireux d'améliorer leur revenu et de maintenir un lien social, des étudiants, des bénéficiaires du RSA, des actifs et des chômeurs pour lesquels être Lulu constitue un projet de ré-orientation professionnelle, un tremplin de réinsertion, une solution d'attente qui redonne confiance.

Une équipe d'animation soudée, une ambiance de quartier
Une vingtaine de salariés et de bénévoles assurent le pilotage de l’activité (administration recrutements…). Leur moyenne d'âge est d'environ 30 ans. Parmi eux, les concierges qui se relaient pour tenir les deux kiosques ouverts tous les jours sauf le dimanche.

Chaque mois, au cours d’un « apéro Lulu » ou d'un "déjeuner Lulu" l'équipe et les Lulus se retrouvent pour capitaliser les expériences, s’échanger des conseils, analyser les difficultés rencontrées.




Une fois par mois, également, est organisé
un "apéro de quartier" avec tous les Lulus et les habitants. Ayant été gentiment invitée par Alexandra, j'ai pu apprécier l'ambiance bon enfant, chaleureuse et joyeuse, grâce aussi à la présence d'un duo de bossa nova.

Des chiffres
A ce jour,9500 clients ont eu recours à Lulu, 17.850 interventions ont été réalisées, un taux de satisfaction de 98%, 400 demandes officielles d’ouverture de conciergeries de quartier « Lulu dans ma rue », en France et à l’étranger….C’est ça, Lulu !


Pour en savoir plus  et notamment sur la diversité des services proposés

 Un dernier scoop : depuis quelques jours, une "Lulumobile"   parcourt Paris pour faire connaître "Lulu dans ma rue" et stationne ponctuellement pour répondre aux questions des passants et prendre éventuellement des commandes



Merci à Alexandra qui a eu la gentillesse et la patience de répondre à mes questions !

Bravo, une fois encore à cette jeune génération qui s’engage, entreprend, et a résolument décidé de ne pas céder à la sinistrose et à la résignation.

"Lulu dans ma rue" répond à un vrai besoin ! C’est véritablement une belle aventure !

17 février 2017

Prix Jeune Bénévole, ou les jeunes pousses du bénévolat


Le 30 janvier dernier, au CIDJ (Centre d’Information et de Documentation Jeunesse),  avait lieu la remise du prix Jeune Bénévole initié pour la sixième fois par l’association Tous Bénévoles, en présence de sa présidente, Isabelle Persoz, et des partenaires de l'opération.
Cette année, les cinq témoignages sélectionnés par le jury parmi les candidats qui avaient envoyé un dossier étaient des témoignages de jeunes femmes, laissant derrière elles, au diable la parité, leurs collègues masculins !
Elles ont raconté leur expérience de bénévole avec enthousiasme, désireuses de transmettre le bonheur qu’elles ont trouvé en s’engageant

Qui sont-elles ?                                                           

Elina, 17 ans, jeune ambassadrice de UNICEF France, mène diverses actions de sensibilisation aux droits des enfants et de collecte de fonds. En tant que Jeune ambassadrice, Elina a toute l'autonomie nécessaire pour élaborer ses projets.
« S'engager, à l'UNICEF dans mon cas, c'est se battre pour sensibiliser, collecter des fonds, améliorer la situation de l'enfance dans le monde. C'est porter et être porté par ses rêves de voir un peu plus, chaque jour, le monde auquel on aspire se dessiner. Et ce, pour que chaque goutte d'eau forme une rivière, que chaque projet s'unisse à la surface de la planète. Et toujours garder l'espoir.

Elina partira en séjour offert par France Nature Environnement

Anaïs, est en Service Civique à l' Association Prévention Routière . Elle mène des actions de prévention et de sensibilisation aux dangers de la route auprès de publics variés, des enfants aux personnes âgées.
« Il y a 5 ans, j’ai perdu une personne très importante pour moi dans un accident de la route dû à l’alcool et la vitesse. Alors la mission à la prévention routière m’a tout de suite interpellée. On intervient auprès de publics totalement différents.  A l’école, on accompagne les enfants dans leurs apprentissages : traverser la rue, attacher son casque à vélo »


Anaïs participera à un chantier international de bénévoles offerts par Etudes et Chantiers

Matilda a 13 ans, elle a créé sa propre association, « les Pérambulations de Matilda », pour soutenir les enfants hospitalisés en cancérologie. Elle leur a proposé de suivre le voyage qu’elle a effectué jusqu'en Laponie pour aller remettre les lettres des enfants au Père Noël, se transformant ainsi en messagère des lettres au père Noël.
« On a environ 30.000 jours à vivre, explorer, vibrer…A  Noël, je vais atteindre le cap des 5000. Mon rêve serait d’en partager quelques-uns à tenter de faire briller les yeux des enfants hospitalisés »

Matilda a choisi un séjour sportif de l’UCPA

Anne, 24 ans, de l'association Danse en Seine , a conduit le projet "Dansons les Amandiers" qui a permis aux enfants de cette école de découvrir la danse et la scène.
« Je suis passionnée par les arts et je me suis rendue compte, en fréquentant les établissements culturels, que la culture est chère et que certaines formes artistiques sont difficiles à approcher. Pour ces raisons, j’ai décidé de m’investir dans une association qui facilite l'accès aux œuvres artistiques ».

Anne participera à un chantier international de bénévoles offert par Jeunesse et reconstruction

Marthe, 19 ans, bénévole aux Petits Frères des Pauvres, consacre une partie de son temps libre à des personnes âgées et isolées, à qui elle rend visite régulièrement . Des moments d'échanges forts.
« C'est un univers particulier où règnent la bienveillance, la tendresse et le partage. Bref, une bulle d'oxygène ! Enfin, tout ça, ce ne sont que des mots limités qui n'explicitent qu'à peu près ce que signifie être bénévole dans cette association. Pour vraiment comprendre, il n'y a qu'une solution : y entrer! Alors lancez – vous ! »
Marthe effectuera un séjour dans une association en Allemagne, proposé par l’OFAJ (Office Franco Allemand pour la Jeunesse)


Je conseille vivement de lire les témoignages de ces lauréates dans leur intégralité


 Article écrit avec le concours de Pierre Colombel, en service civique à  l'association Tous Bénévoles




24 janvier 2017

Une année chasse l'autre....

Une année chasse l'autre.....
Est-ce à dire que celle que nous laissons est effacée, écrasée par celle qui arrive ? que les mauvais rêves sont derrière nous pour laisser la place aux souhaits que nous échangeons ?

Les vœux échangés sont, finalement, malgré leur formalisme et leur rituel, le signe que nous croyons instinctivement, encore, à des jours meilleurs et que l'être humain possède plus ou moins une certaine capacité de résilience....

L'année 2016 a été riche en évènements souvent violents ou inattendus, qui marquent et confirment un tournant dans le monde et la société que nous connaissons.

Une constatation s'impose désormais : pour la première fois depuis longtemps, les laissés pour compte, les plus démunis et les  plus déçus par les espoirs vains et les promesses non tenues ont fait entendre leurs voix par les urnes, entraînant un bouleversement au sein de l'"establishment" et parmi les élites.

Nous côtoyons désormais la misère et la guerre dont les images nous parviennent  et dont les populations migrantes nous portent témoignage.
En France, les valeurs et les principes républicains qui forment le socle de notre société sont menacés.

Tel est le constat fin 2016 !

L'année 2017 sera le témoin des conséquences probables de ces évènements (nouvelle présidence américaine, brexit, migrations...) et la France devra, quant à elle, se prononcer sur l'orientation qu'elle entend donner à son avenir.Les nombreux candidats à l'élection présidentielle nous offrent un panel de solutions d'avenir,  certaines réalistes, d'autres qui le sont moins....

Mais l'abattement n'est pas à l'ordre du jour si l'on en juge par  l'importance grandissante des actions de la société civile et du poids que représente le secteur associatif, un français sur deux faisant davantage confiance aux associations plutôt qu'aux pouvoirs publics pour gérer les urgences sociales !
Les chiffres les plus récents dénombrent 1,3 millions d'associations (67.000 crées chaque année en moyenne), dont le budget annuel total (85 milliards d'euros) représente 3,2% du PIB et qui emploient 1,8 millions de salariés (dont une enquête récente a souligné le bien-être au travail pour 80% d'entre eux), et 13 millions de bénévoles.
A noter aussi que 80% des structures de l'Economie Sociale et Solidaire (ESS) sont des associations.
Ajoutée à ces données réconfortantes, une  récente enquête sur les jeunes, réalisée par le CREDOC et l'Institut National de la Jeunesse et de l'Education Populaire (INJEP) à la demande du ministère de la jeunesse,  met en évidence leur défiance à l'égard des partis politiques et des syndicats au profit d'un réel intérêt pour la société et d'un engagement au sein d'associations, mais aussi de plus en plus sous des formes nouvelles de mobilisation, en particulier par l'utilisation d'internet afin de signer des pétitions, exprimer leurs opinions, partager des commentaires sur des sujets d'actualité qui les mobilisent (l'environnement, les guerres, les injustices...)

Pour en savoir plus sur le "baromètre sur la jeunesse"


Tout ceci a de quoi nous rassurer sur le renforcement du lien social, l'humanisation de l'économie et le réveil d'un élan démocratique.


Souhaitons que cette nouvelle année nous réserve de bonnes surprises !

06 décembre 2016

Votez utile, votez jeune bénévole !

Nous sommes très sollicités, ces temps-ci : primaire à droite, primaire à gauche, pétitions, appels.... des candidats qui s'engagent sur une société idéale et nous annoncent des jours meilleurs, chacun avec sa recette miracle....

Et pendant ce temps-là, à leur niveau, des hommes et des femmes tentent de réparer des injustices, de défendre des causes, de permettre aux plus démunis  de s'ouvrir aux savoirs de base et à la culture, d'offrir un peu de chaleur, de pallier les difficultés d'accès aux droits, etc...

Nous avons parlé des seniors la semaine dernière. Aujourd'hui, place aux jeunes !
Ils sont de plus en plus nombreux à se mobiliser dans l'action bénévole, au sein des associations ou de manière informelle,  ils sont aussi de plus en plus en plus nombreux, également, à être attirés par l'économie sociale et solidaire et y trouver un débouché professionnel. Préfigurent-ils la société de demain en replaçant l'humain au centre des préoccupations sociétales ? Pour cela, ils méritent un "coup de pouce".

Depuis 2011, chaque année, l'association "Tous bénévoles" (anciennement Espace bénévolat) organise un prix récompensant des témoignages de jeunes bénévoles de 12 à 25 ans.

Les 5 gagnants sont désignés par un jury parmi les 10 témoignages sélectionnés par le vote des internautes.
Cette année, le choix sera difficile encore, tant les témoignages sont passionnés
et donnent envie d'agir !

Alors....votez utile ! il ne s'agit pas de paroles en  l'air ni de promesses !

Pour voter (un vote par jour, pas plus, jusqu'au 19 décembre)

http://www.prixjeunebenevole.org/  , onglet "voter pour un témoignage"




30 novembre 2016

Seniors bénévoles, une espèce en voie de disparition ?

Le titre est provocateur, certes, il veut simplement tirer la sonnette d'alarme sur une tendance qui semble émerger concernant le bénévolat des seniors.

Recherches et Solidarités a publié il y a quelques mois son enquête sur le bénévolat 2016 à laquelle on peut se reporter. Les chiffres et statistiques sont extrêmement détaillés et les interventions d'experts intéressantes. On y trouvera toutes les informations relatives au bénévolat qu'il est donc inutile de reprendre ici.
En revanche, le long chapitre consacré au bénévolat des seniors mérite que l'on s'y arrête et appelle des commentaires.

Le constat
En effet, le bénévolat des seniors qui donnent du temps pour les autres en dehors du cadre familial est passé de 51% en 2010 à 49% en 2013 et 44% en 2016.
Dans les associations, la tendance est la même : 38% des français de plus de 65 ans étaient engagés dans une association en 2010, 37% en 2013 et 35% le sont en 2016.
Alors que les seniors vivent une seconde vie après la vie professionnelle et qu'ils ne demandent, pour la plupart, qu'à poursuivre une activité, pourquoi ce recul par rapport à l'engagement bénévole  prometteur au début des années 2000 ? Les raisons semblent multiples et devraient interpeller les associations.

Une multiplicité de facteurs : les points particulièrement marquants
Les experts soulignent de fréquentes recompositions de vie, de nouveaux projets de vie (divorces, veuvages...), ce qui est propre à la génération actuelle des plus de 60 ans, sollicités par ailleurs, par un marché spécifique dont ils sont la cible (voyages, loisirs, universités inter-âges....)
Les baby-boomers sont davantage sollicités par leurs enfants pour pallier la pénurie des structures d'accueil des tout petits, mais également pour vivre pleinement le "statut" de grand-parent et le plaisir qui y est attaché.
En ce qui concerne les motivations, elles sont en retrait en 2016 par comparaison à 2010, par rapport aux autres catégories de bénévoles, notamment en ce qui concerne la défense d'une cause, l'épanouissement personnel, la reconnaissance de leur action ou le désir de changer un peu les choses. En revanche, le désir d'appartenir à une équipe est plus fort chez les seniors qui ressentent, par ailleurs, la perte du sentiment d'utilité sociale et du sens de leur action. Sorte de lassitude ? On note aussi un peu moins de régularité dans l'engagement, une sorte de retrait par rapport à l'engagement citoyen. Les seniors ne sont que 50% à estimer qu'ils sont bien dans leur association (contre 68% pour les autres), ce que l'on peut déduire de leur abstention relativement importante à répondre à cette question,
Ils déclarent donner moins de temps à leur association, avoir moins de responsabilités et de missions intéressantes, se sentir moins motivés pour agir dans le contexte de crise (découragement ?)
"Ballotés" entre une présence près de leurs proches, des loisirs et des voyages et un engagement bénévole, le rapport de Recherches et Solidarités pointe de possibles "tensions entre le pôle des valeurs altruistes et le pôle des valeurs individualistes"...et donc un peu moins de bien-être au sein des associations.

Des points de satisfaction qui évoluent 
Les seniors interrogés ne remettent pas en cause leur engagement, mais ils préfèrent plus que jamais vivre au présent et recherchent davantage le plaisir dans l'action (plaisir d'être efficace et utile, plaisir accru de la convivialité et des échanges avec les autres....) et affirment plus volontiers aujourd'hui un engagement "pour se faire plaisir", à part égale avec un engagement exclusivement altruiste.
Alors que les seniors bénévoles étaient recherchés pour leur engagement sur le long terme, ils changent aujourd'hui plus souvent d'associations pour "découvrir" d'autres  univers.
Ils sont globalement plus attentifs à la gestion de leur temps et soucieux de trouver un équilibre entre leurs activités dans une association, leurs activités envers leurs proches et leurs activités personnelles.


Des attentes liées au plaisir dans l'action et à une gestion du temps équilibrée :

Des actions bénévoles plus ponctuelles ou modulables en terme d'emploi du temps (travailler "en temps non contraint", à distance (e-bénévolat)), plaisir de transmettre un savoir faire à un nouveau bénévole ou à un jeune en service civique, plaisir de partager des moments de convivialité au sein d'une équipe, etc...

Du côté des associations
On sait l'importance donnée par les associations au bénévolat des seniors : des niveaux de formation généralement élevés, des jeunes retraités fraichement sortis du monde du travail et encore empreints d'énergie et de dynamisme, des compétences au service des associations, acquises tout au long d'une vie professionnelle, des expériences professionnelles, mais aussi des expériences de vie, une disponibilité et un engagement sur du moyen et long terme, des occasions de favoriser un lien et une transmission intergénérationnels, etc..., autant d'avantages soulignés et mis en exergue à l'occasion de l'année européenne du vieillissement actif en 2012.

Il appartient alors aux associations d'imaginer les moyens qui permettront de remobiliser les seniors en leur proposant des réponses adaptées à leurs préoccupations et à concilier l'intérêt des associations et le bien-être des bénévoles :
  • valoriser les notions de savoir-faire, d'équipe et de convivialité
  • adapter les plannings de travail chaque fois que possible
  • développer le bénévolat "à distance" (e-bénévolat) grâce aux outils numériques que les seniors maîtrisent aussi bien que les plus jeunes
  • développer le tutorat de jeunes bénévoles
  • développer des activités bénévoles en binôme pour faciliter l'engagement des seniors en leur permettant une gestion optimale de leur emploi du temps
  • intervenir auprès de consultants spécialisés (c'est déjà souvent le cas) à l'occasion des stages de préparation à la retraite programmés par les entreprises
Mais ne convient-il pas également que les associations s'interrogent sur leurs pratiques managériales ? Aucune question en ce sens ne semble avoir été posée à l'occasion de cette  enquête..

Et enfin, deux points de vue sur la baisse de motivation des seniors
"Les personnes de plus de 65 ans sont nettement moins nombreuses que celles de moins de 35 ans, à se dire satisfaites pour la reconnaissance de leur action ou l’épanouissement personnel que leur procure le bénévolat. Elles peuvent effet parfois se trouver « en décalage » par rapport aux générations plus jeunes qui ont davantage besoin d’avoir un objectif et un résultat au bout de leur action, quitte à sacrifier des moments de reconnaissance et de convivialité. Les associations, dans lesquelles le temps est souvent compté au profit de l’action, devraient entendre cette frustration pour entretenir la motivation des bénévoles de plus de 65 ans".
Isabelle Persoz, vice-présidente du réseau Tous bénévoles

"Il semble que c'est là le reflet de la place accordée aux personnes vieillissantes et âgées ordinaires dans notre société. Dès qu'elles ne font plus jeunes, elles ne peuvent que souffrir du manque de considération accordée à la vieillesse, puisque notre angoisse collective est celle du vieillissement"

Pascal Dreyer, auteur de l’ouvrage « Etre bénévole aujourd’hui »


12 novembre 2016

Agir hors du cadre d'une association "classique" : quels enseignements en tirer ?

C’est un phénomène qu’il faut prendre en compte, l’engagement dans le cadre de groupements informels (coordinations éphémères, collectifs, groupements locaux de jeunes…) se développe. Vient-il bousculer le paysage associatif ?

Qu’en est-il exactement ?
Ces dernières années, l’explosion de collectifs de jeunes comme Génération précaire ou Jeudi noir est venue remettre en cause les modes de militantismes traditionnels à travers la mise en place d’organisations informelles, plus basées sur la camaraderie que sur des structures constituées et utilisant des modes d’intervention dans l’espace public spectaculaires et très médiatiques. 
Le succès de ces actions a interpellé les associations « traditionnelles » dont certaines ont dû réviser leurs pratiques afin de ne pas prendre un grave « coup de vieux » face à ces jeunes collectifs qui pouvaient, dans certains cas, mobiliser bien plus efficacement sur leurs causes.

Jacques ION, sociologue (1),  voit dans la montée de l’individualisme tant décriée, une source d’engagement sous des formes très diversifiées, qu’il faut appréhender autrement que selon les modèles d’organisation et de représentation traditionnels. Alors… « Vive l’individu autonome et affranchi ! » Et, « plus l’individuation s’approfondit (autonomisation), plus le souci du collectif devient impérieux. Le souci de soi  n’est pas contradictoire avec aller vers autrui. »

Collectifs et coordinations plutôt qu'associations traditionnelles ?
A l’appui du constat d’une attirance mitigée, chez bon nombre de jeunes, pour des organisations trop structurées, Cécile Coumau, coauteure de l’ouvrage collectif «  Bénévoles et vous ? »(2) relate comment Léa, une jeune bénévole de 25 ans militante à Génération précaire, un groupement se battant contre
l’exploitation des stagiaires, a fait le choix d’actions qui aillent vite. Elle s’est ainsi tournée vers ce collectif car en trois ou quatre jours dit-elle, on montait une opération. Selon la journaliste, ces structures relèvent plus de la « bande d’amis » que de l’association et leur aspect quelque peu déstructuré attire ces jeunes en quête de réinvention du bénévolat et moins « formatés » que les adultes.

Une nouvelle manière de militer « en s’amusant » et en utilisant des 
modes de mobilisation spectaculaires 
Même si, comme le dit C. Coumau, les causes défendues par ces collectifs ne prêtent pas vraiment à rire : les loyers excessifs pour Jeudi noir, les prix trop élevés de la grande distribution pour L’Appel et la Pioche, les salaires trop élevés des riches pour Sauvons les riches, La France qui se lève tôt en réaction à la campagne de Nicolas Sarkozy, ces jeunes ont choisi de « revendiquer en s’amusant ». Ainsi, Jeudi noir « déclenche des fêtes éclairs avec déguisement, musique et cotillons lors de la visite d’une appartement », Génération précaire submerge les entreprises de candidatures de stagiaires fictifs…

Ces groupements font appel à une sociabilité à base de fêtes, festivals et rencontres informelles très majoritairement animés par des jeunes. Ainsi les sit-in, marches et ateliers d’expression pour les « Indignés ».

Et force est de constater que ces organisations savent remarquablement occuper l’espace public grâce à des modes de mobilisations novateurs et à fort impact médiatique. Les nouvelles technologies de la communication permettent en effet de leur donner une audience inégalée, sans rapport avec le nombre de manifestants qu’elles peuvent mobiliser en comparaison avec les organisations traditionnelles et leurs grands défilés classiques de rue, considérées comme quelque peu désuets. Un exemple en est la flashmob, entendez « manifestation éclair » qui consiste à réunir le maximum de personnes dans un espace public « pour y accomplir des actions convenues d’avance et se disperser rapidement » nous décrit Coumau. Des actions qui relèvent plus du « street art » que de la manifestation en faisant par exemple appel à des danseurs étoiles de l’Opéra…


Et ces actions, même s’il y a des prédécesseurs comme Greenpeace ou Act Up, ont un impact politique si l’on veut bien considérer que des personnalités politiques se montrent aux côtés de Génération précaire qui est maintenant un interlocuteur à part entière et qui, malgré sa faible structuration, n’a pas du tout connu une existence éphémère et compte toujours pleinement, des années après sa création. 

Le militantisme traditionnel, interpellé sur ses pratiques
L'article d'Ariane Dollfus, également coauteure du livre "Bénévoles et vous ?", qui relate comment l'irruption du collectif Don Quichotte est venue secouer le milieu associatif "traditionnel" de laide aux mal-logés, montre bien comment ces nouvelles pratiques peuvent amener les acteurs traditionnels à renouveler leurs méthodes. En ayant choisi comme action spectaculaire, en décembre 2006,de planter une centaine de tentes rouges en bordure du canal Saint-Martin à Paris, ce collectif a provoqué un retentissement médiatique tel qu'il s'est imposé dans le paysage du militantisme contre le mal-logement.

De ce fait dit-elle, les acteurs traditionnels ont été amenés à se « réveiller » par exemple en se fédérant alors que jusqu’ici ils fonctionnaient de manière très cloisonnée, et changer leurs pratiques à l’égard des SDF dont beaucoup étaient très critiques envers ces associations caritatives classiques, se plaignant en effet d’être assistés sans vraiment avoir leur mot à dire alors que les nouveaux acteurs privilégiaient l’écoute et la prise en compte de leurs points de vue pour définir les prestations les concernant.

Le collectif Jeudi noir a également été un aiguillon pour pousser les associations classiques à renouveler leur discours. Créé par des étudiants mal logés en 2006, ce collectif, constitué uniquement de jeunes dans ce cas a pratiqué le squat « dans un souci d’efficacité médiatique » mais sur un ton beaucoup plus percutant que celui des grands acteurs traditionnels avec cinquante ans d’existence dont il reprochait le ton misérabiliste. Et ces collectifs ont parfois influencé les grandes associations si l’on prend l’exemple de la création au sein d’Emmaüs France de la branche « Emmaüs Défi » qui a proposé une approche plus adaptée aux publics en grande difficulté.

«Ces collectifs sauvages ne seraient-ils pas en train d’écrire une nouvelle page de l’histoire du bénévolat ? » se demande Cécile Coumau. Il n’est pas du tout certain que les nouvelles formes d’engagement soient exclusives des anciennes car, dans certains secteurs les structures traditionnelles coexistent avec ces jeunes collectifs ou adoptent des  pratiques innovées par les collectifs et mouvements « informels » Et si l’on considère le cas de la jeune Léa, après avoir fait ses premières armes de bénévole à Génération précaire, elle a choisi de rejoindre Amnesty international. Une trajectoire intéressante entre deux formes de militantisme relativement différentes mais complémentaires en somme ?

Et les associations "traditionnelles" ?
On aurait pu craindre, d’une part,  une désaffection des jeunes pour les associations et d’autre part, des associations de plus en plus composées de seniors. Il n’en est rien. La dernière étude réalisée par Recherches et Solidarités sur le bénévolat en 2016, montre que le nombre de jeunes engagés dans une association, augmente, mais que par contre, l’engagement des seniors diminue, ce qui inquiète le monde associatif.

Ne peut-on dire enfin que ces nouvelles formes d’action relèvent davantage du champ politique, que purement associatif, qu’elles sont davantage la traduction d’un refus de s’engager au sein d’un parti politique, un refus du discours politique politicien tout simplement. Le mouvement « Nuit debout » en est, semble-t-il, la traduction.


Information de dernière minute : un nouveau "collectif" féministe vient de se constituer, imitant en cela les féministes islandaises. Lundi 7 novembre, il invitait les femmes à cesser le travail à partir de  16h34, heure au-delà de laquelle, en  moyenne, les femmes travaillent bénévolement par rapport à leurs collègues masculins qui gagnent en moyenne 15% de plus qu'elles ! Une forme originale pour frapper les esprits sur un problème récurrent.


Sources :
(1)Jacques ION : "S'engager dans une société d'individus" (Armand Colin, 2012)
(2)"Bénévoles et vous", ouvrage collectif dirigé par Anne Dhoquois et préfacé par Stéphane Hessel (Editions Autrement, 2011)


                                                          Bernard Grozelier, Louise Forestier