21 décembre 2017

Le 6 décembre à l'Hôtel de Ville de Paris...des "battles" pour débattre

C'est le 17 décembre 1985 à New-York que l'ONU a décidé de créer la journée mondiale du bénévolat afin de promouvoir le travail des bénévoles et mettre en avant le rôle joué par les structures associatives pour le développement économique et social.

Comme dans de nombreux pays, la France réserve une place de choix à cet évènement, tant au niveau régional que national.

Cette année, comme tous les ans, la Mairie de Paris a organisé le 6 décembre dernier un évènement à l'Hôtel de Ville, qui réunissait, au sein du « village des associations » les associations parisiennes actrices du changement et promotrices du bénévolat. Dix huit stands étaient là pour aider et conseiller les associations (formations, outils, financements, etc.,) et  proposer aux parisiens de mettre leurs compétences au service de celles-ci.

Parmi les différentes manifestations, deux tables rondes étaient organisées, l'une sur les spécificités de l'engagement étudiant, l'autre sur l'accompagnement des associations pour les aider à se développer. Un prochain article du blog relatera les interventions sur l'engagement étudiant.


Les "battles"
Mais l'originalité de cette soirée consistait en l'organisation de "battles", c'est à dire, pour reprendre une expression entendue, de " débats entre citoyens à côté des grandes conférences".
Le "jeu" consistait, sous la conduite d'un animateur qui lançait une question, à départager les participants (responsables d'associations et volontaires parmi le public) en deux groupes, les "oui" et les "non" en réponse à la question posée. Les participants se positionnaient à droite et à gauche de l'animateur. Des idées et des suggestions étaient alors échangées entre les deux groupes, chacun apportant ses arguments.

Trois thèmes prévus :
- S'engager : quel impact pour soi et pour les autres
- La diversité de l'engagement
- Le numérique : quelle plus-value pour les associations (finalement déprogrammé)



Les deux "battles" sur l'engagement ont retenu notre attention car, en dehors de l'aspect ludique de l'exercice qui s'est déroulé dans un climat de convivialité et de grande tolérance, des questions de fond ont été soulevées, qui méritent l'attention et la réflexion des associations et des bénévoles. En voici succinctement quelques-unes qui ont fait débat : 

L'impact de l'engagement pour soi et pour les autres :  
- Est-ce que s'engager, c'est mettre de côté sa vie privée ? Si l'engagement apporte un mieux-être, quelles sont ses limites, sachant qu'il est difficile de dire non ? N'appartient-il pas aux associations de fixer un cadre permettant aux bénévoles de sauvegarder leur vie privée ? mais l'engagement ne fait-il pas partie de sa vie personnelle ? 
- Est-ce se donner bonne conscience ? Qu'est ce que la bonne conscience ? Est-ce forcément péjoratif ? Donner un sens à sa vie ? Lorsque l'on s'engage, n'est-ce pas aussi pour une société future ? n'est-ce pas également, parfois, pour "rendre à la société" ce que l'on a reçu ?
- L'engagement devrait-il être obligatoire pour tous ? Ne doit-il pas demeurer un don, un choix libre et gratuit ? Beaucoup de personnes sont loin de l'engagement, et une obligation pourrait-elle être l'occasion de donner envie à ceux qui n'y pensaient pas (chômeurs) ? Devrait-on le rendre obligatoire à l'école ? En Angleterre, dans les écoles, les élèves doivent s'engager pour une cause, c'est une orientation pour leur vie d'adulte.

La diversité de l'engagement (s'engager avec toutes nos différences): 
- Une question lancée, : les associations sont-elles des "repaires de gauchistes" ? certes non pour l'immense majorité des participants (associations sportives, religieuses..) mais les bénévoles portent souvent une alternative sociétale, idéaliste. Y a t-il forcément une dimension politique, sociale...utopique ? Peut-on travailler, au sein des associations, avec toutes nos différences ? La force d'une association n'est-elle pas sa diversité politique ?
-Plusieurs générations au sein des associations : Doit-on "vivre séparés pour vivre heureux" ? Les jeunes ne sont-ils pas plus aptes, par exemple, à traiter les problématiques concernant les jeunes? Mais, de manière générale, ne doivent-ils pas prendre des responsabilités et gagner en autonomie ? Quelle est la limite jeunes/vieux ? La coexistence n'est-elle pas source d'enrichissement ?
- Pour réussir dans une association, faut-il être un homme, blanc, hétérosexuel? Doit-on imposer une parité comme dans les conseils citoyens ? Peut-on envisager des réunions non mixtes pour gagner en confiance ? Limiter le renouvellement des mandats, instaurer des quotas, prévoir des élections sans candidats ? 

Une source de réflexion
Ainsi, sous une apparence ludique, nombreuses sont les questions qui ont émergé et qui méritent réflexion au sein du monde associatif, et parmi elles :
- l'intergénérationnel dans les associations
- la place des femmes, des minorités, et leur accession à des postes de responsabilités au sein des associations
- l'engagement obligatoire ou non 
- Le bénévolat et vie privée.

......tout un programme !

                                                                      Louise Forestier

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