06 mai 2018

Bénévolat, associations : infos, actualités

En voyageant sur le web...


Une bonne nouvelle : Le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé le 16 avril dernier, l'attribution du label "grande cause nationale" pour 2018 à la Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF) qui regroupe des associations luttant contre les violences faites aux femmes. Ce label, qui existe depuis 1977, accorde  le droit d'obtenir "des diffusions gracieuses de campagnes d'information et de communication sur les radios et télévisions publiques"

Du nouveau pour les "aidants": la loi n° 2018-84 du 13 février 2018, crée un dispositif de don de jours de repos non pris au bénéfice des proches aidants de personnes en perte d'autonomie ou présentant un handicap. Ce dispositif est calqué sur celui déjà ouvert au bénéfice des parents d'un enfant gravement malade. Il s'ajoute au dispositif existant de "congé de proche aidant" non rémunéré. Avec le don de jours de repos non pris par un salarié, le bénéficiaire voit sa rémunération maintenue.

Bénévolat à la carte, une tendance qui se confirme : (Recherches et solidarités). C'est un type de bénévolat qui se développe de plus en plus, notamment chez les jeunes de moins de 35 ans, soit parce qu'ils manquent de temps, soit parce qu'ils sont davantage intéressés par un projet précis plutôt que par une cause ou une association.
Cela permet de ne pas s'engager sur du long terme sans avoir la certitude de persévérer, de tester son appétence pour l'action bénévole, de renouveler son intérêt et son énergie vers des projets diversifiés et de ne pas tomber dans la routine. Mais ne peut-on craindre un certain "éparpillement" ?

Une réflexion sur la crise du monde associatif : Pour soutenir le monde associatif en crise (difficultés de recrutement des actifs, suppression de la réserve parlementaire, subventions à la baisse, suppression progressive des contrats aidés), Julien Dive (député LR de la seconde circonscription de l'Aisne), dans son blog, émet trois suggestions :
  • valoriser l'engagement bénévole par la création d'un statut du  bénévole associatif qui ouvrirait l'accès à un certain nombre de droits, comme des droits à la retraite (une proposition de loi en ce sens a d'ailleurs été déposée par Julien Dive)
  • faciliter les aménagements du temps de travail pour les salariés qui ont un engagement citoyen et solidaire, à négocier avec l'employeur,
  • aider les associations au recrutement en créant un "contrat associatif" défiscalisé de charges
La fin de la réserve parlementaire :  (Le Monde du 6 mars 2018). Des députés LREM (notamment Bruno Bonnell, député du Rhône et Jean-Baptiste Djebbari, député de la Haute-Vienne) s'activent pour y pallier en se tournant désormais vers des entreprises. Cette réserve de 130.000 € dont disposaient les députés et à laquelle, parfois à juste titre, il était reproché, outre son manque de transparence, de favoriser un certain clientélisme, était néanmoins utilisée, dans bien des cas, à apporter un "coup de pouce" à des associations.
L'objectif est de "s'appuyer sur le mécénat d'entreprise" par la création de plates-formes (Cœur Villeurbanne, par exemple, association créée par Bruno Bonnell) pour susciter une levée de fonds afin d'aider des projets et également "de proposer la mise à disposition par les entreprises, de compétences  ou de locaux qui pourraient héberger des associations".
Des réserves sont cependant émises par certaines ONG de lutte contre la corruption. Elise Foucraut de Tranparency International, souligne "qu'il ne faudrait pas que ces plates-formes reproduisent les griefs qu'on pouvait formuler à l'encontre de la réserve parlementaire", le député demeurant finalement au centre du dispositif. Jean-Christophe Picard, président d'Anticor, quant à lui, note que "c'est un peu moins choquant que la réserve parce que ce n'est pas de l'argent public, mais ça ressemble à du clientélisme" et que le risque des "retours d'ascenseur" soient attendus par les investisseurs et que "l'élu se transforme en obligé de tous ceux qui vont l'aider à trouver des fonds"
Affaire  à suivre, donc, qui n'a pas fini de faire débat....

Benevolt, un site spécialisé pour les jeunes seniors : Ce site de mise en relation entre bénévoles et associations, s'adresse exclusivement aux "jeunes seniors" à partir de 55 ans. Pour le moment, son rayon d'action se situe dans l'ouest de la France (initiative nantaise), mais à moyen terme, le site souhaite se développer en Ile de France puis dans la France entière. Son objectif pour 2018 : 1000 associations inscrites.
ViensVoirMonTaf : C'est une association créée en 2015 par trois jeunes femmes au parcours riche et quelque peu atypique, qui aide les élèves de 3è des collèges REP à trouver un stage, 2/3 d'entre eux n'ayant aucun "piston", aucun réseau (familial notamment) qui puisse les aider. Elle se définit comme "le réseau des jeunes sans réseau". 300 stages ont pu être offerts en 2017. L'association ouvre prochainement une antenne à Marseille.
Aide au permis de conduire : Un peu partout en France, de plus en plus de municipalités proposent une aide financière au financement de leur permis de conduire, à des jeunes qui s'engagent bénévolement dans une association, dans un service municipal ou encore présentent un projet citoyen qui aura retenu l'attention. Un budget est alloué chaque année à ce dispositif. Un jury examine le profil et la motivation des candidats et désigne ainsi ceux qui seront bénéficiaires. Un partenariat est conclu avec les auto-écoles de la ville.
L'idée qui présidait, au départ, était de favoriser l'accès à l'emploi de jeunes de zones rurales en leur ouvrant la voie vers une autonomie de déplacement. Ce dispositif dépasse aujourd'hui les zones rurales. Il est conseillé d'appeler les services de la mairie de résidence pour savoir si ce type de dispositif existe.

Le mouvement associatif s'engage pour la parité : il a signé le 8 mars dernier, à l'occasion de la journée des droits des femmes, un engagement à :
  • atteindre la parité dans ses instances d gouvernance d'ici à 2020,
  • promouvoir cet objectif auprès de ses membres,
  • engager des actions en faveur de son atteinte dans les délais fixés.
Une affaire à suivre : le service national universel : Le groupe de travail chargé de définir les contours du futur service national universel (SNU) a rendu son rapport à Emmanuel Macron fin avril. Il préconise un service obligatoire d'un mois pour tous les jeunes à partir de 16 ans. En réponse, des associations appellent à maintenir et renforcer le service civique existant qui a remporté un vif succès car il est "une véritable expérience pratique de la fraternité", il s'adapte " aux envies d'implication des jeunes français au service de l'intérêt général", permet aux associations et services publics "de pouvoir démultiplier leurs actions par la mobilisation de jeunes aux compétences variées" et à des jeunes "de se sentir appartenir à la communauté nationale pour la première fois". Les associations invitent donc le président de la République à confirmer, dans le cadre des annonces à venir "son engagement à poursuivre le développement massif du service civique"(JDD.fr du 29 avril dernier)
L'opposition, quant à elle, dénonce le "flou" du projet et son coût (Le Point.fr du 30 avril dernier)
Des arbitrages doivent être rendus courant mai.

Louise Forestier

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